L’huile de palme : un danger pour la santé et pour la planète

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L’huile de palme est partout. Sa production et son utilisation présentent pourtant des risques majeurs pour nous, pour les pays producteurs et pour la terre.

Extraite du fruit du palmier à huile d’Afrique, l’huile de palme est une graisse végétale à haut rendement, d’un très faible coût de production, actuellement la plus consommée au monde. Elle représente 1/3 des huiles végétales produites dans le monde, en deuxième position derrière l’huile de soja.

Elle est à 80 % utilisée dans l’industrie agroalimentaire, les 20 % restants étant dévolus aux cosmétiques et aux agrocarburants. L’Indonésie, la Malaisie, les îles de Bornéo et Sumatra produisent à eux seuls plus de 85 % de la production mondiale, destinés pour 80 % à l’exportation.

Cette culture intensive (les surfaces ont jusqu’à quintuplé en 20 ans) et exponentielle cause déjà un désastre environnemental et pourrait bien causer un désastre sanitaire à long terme.

L’huile de palme et notre planète.

Toutes les 10 secondes, l’équivalent d’un terrain de foot en forêt disparaît en Indonésie pour planter des palmiers à huile. Voici les principales conséquences du choix de cette monoculture :

  • Déforestation massive : 2 millions d’hectares détruits chaque année (soit une disparition de déjà plus de 60 % des forêts primaires)
  • Disparition de la biodiversité : le bio patrimoine des forêts du sud-est asiatique offrait une immense richesse botanique et zoologique qui périt. L’orang-outan est menacé d’extinction (5000 morts par an).
  • Conflits sociaux : des Malaisiens en viennent à élever des barricades pour tenter d’empêcher la déforestation. Les peuples de la forêt sont « invités » par les compagnies industrielles à quitter leurs terres et à se sédentariser, par la violence si nécessaire.
  • Opérations illégales : des permis sont accordés sur des zones forestières protégées et même dans un parc national où vivent notamment des orangs-outans.
  • Émissions démesurées de gaz à effet de serre : les palmiers à huile (qui sont des plantes et non pas des arbres) capturent 3 fois moins de CO2 que les arbres. L’Indonésie est désormais l’un des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde. Les feux viennent aggraver le phénomène.
  • Destruction du sol : par pollution des cours d’eau et appauvrissement du substrat.
  • Destruction du territoire des peuples vivant en symbiose avec la forêt primaire : l’abattage de la forêt envase les rivières, ce qui tue les poissons, le gibier s’enfuit et devient inaccessible. Les plantes médicinales disparaissent. La pollution de l’eau et la malnutrition entraînent des maladies.

L’huile de palme et notre santé.

Plus de 10 % (et parfois jusqu’à 50 % selon les pays) des produits alimentaires finis que nous achetons contiennent de l’huile de palme, sous son appellation ou sous celle d’huile végétale, la législation n’obligeant pas le fabricant à préciser ni sa nature, ni les quantités.

Chips, pâte à tartiner, biscuits, céréales, margarine, barres chocolatées, plats préparés, pâte à tarte, sauces, glaces, pâtes fraîches, soupes, biscottes etc. en contiennent (parfois plus de 50 % du produit, comme la pâte à tarte Herta par exemple). Mais aussi raisins secs (étrange, non ?) produits bio, petits pots pour bébés et même lait maternisé !

Il faut savoir que la composition de l’huile de palme s’apparente plus à celle d’une graisse animale qu’à une huile végétale. Bourrée d’acides gras saturés (48.5 %), elle favorise donc elle aussi le développement des maladies cardiovasculaires, une augmentation du taux sanguin de cholestérol, certains cancers, le diabète et autres maladies chroniques.

On peut toutefois lui reconnaître sa richesse en vitamine A. Mais dans notre régime déjà bien trop riche en graisses, essayez d’imaginer que presque tous les aliments que vous achetez contiennent… du lard ! Cela donne à réfléchir. D’autant que le recul manque pour en connaître les effets à long terme.

Comment lutter contre cette invasion ?

Des démarches sont entreprises par divers organismes (WWF, RSPO, ONG, industriels tels qu’Unilever etc.) afin d’évoluer vers un consensus acceptable pour produire une huile de palme durable. Hélas, de nombreux industriels font des promesses qu’ils ne tiennent pas.

Le consommateur peut toutefois agir à titre individuel :

 

  • Diminuez votre consommation de produits à base d’huile de palme et ceux dont l’étiquette mentionne graisse ou huile végétale, sans précision.
  • À défaut, choisissez des produits contenant de l’huile de palme durable (CSPO) ou provenant de l’agriculture biologique.
  • Privilégiez le fait maison, vous saurez ce que vous mettez dedans.
  • Signez la pétition du WWF.
  • Soutenez la campagne des Amis de la Terre, qui demande 1) une information précise pour chaque produit plutôt que la simple mention « huile végétale » 2) la mise en place d’une traçabilité pour assurer au consommateur que les produits contenant de l’huile de palme n’ont pas contribué à la déforestation 3) un engagement dans la mise en place de filières de production soutenable d’huile de palme et non pas un simple verdissement de façade en rejoignant la Table Ronde sur le Palmier à Huile Durable.

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