La paranoïa | Psychiatrique


La paranoïa

La paranoïa est une maladie mentale chronique du groupe des psychoses. La personne atteinte de ce trouble ne perd pas ses facultés de réflexion et de communication, mais ses bases de raisonnement sont erronées. Il est inutile de tenter de faire revenir un paranoïaque sur ses positions car l’une des particularités de cette pathologie est l’adhésion totale du patient. Celui-ci ne se reconnaît pas comme malade et cherche des causes extérieures à ce qui lui arrive.
Cette maladie est chronique, logique dans son développement et structurée.

Qui est concerné?

2,5% à 3% de la population est concernée, cette maladie mentale apparaissant plutôt chez les hommes entre 30 et 40 ans, les femmes étant peu touchées.

Symptômes

– mégalomanie, c’est-à-dire, une surestimation de soi, un orgueil anormalement développé.
– méfiance envers les autres, y compris envers les proches
– susceptibilité et agressivité latente
– psychorigidité
– jugement faussé

Les différentes formes du délire paranoïaque

Le délire de revendication repose sur la conviction délirante d’un préjudice subi. Il s’accompagne généralement d’une très grande exaltation et de quérulence. Convaincu de son bon droit et poussé par un désir de justice, le patient sera très procédurier et pourra même présenter un caractère dangereux s’il n’obtient pas réparation.

Le délire de jalousie dans lequel le patient a la conviction d’être trahi par son conjoint. Tous les événements anodins et quotidiens seront interprétés comme un des signes d’infidélité. La défiance développée ne se retourne pas contre l’amant imaginaire par exemple, mais contre l’être aimé. Il est plus fréquent chez les hommes.

Le délire érotomaniaque qui est plus courant chez les femmes qui ont l’intime conviction d’être aimée en secret, généralement par une personne dont la position sociale est supérieure. L’objet de la convoitise est tout d’abord adulé pour finalement être haï avant d’être injurié et menacé par la paranoïaque.

Le délire d’interprétation de Sérieux et Capgras. A partir de faits réels, y compris ceux dus au hasard, le patient échafaude une théorie basée sur sa propre interprétation de la réalité et dont l’aboutissement du raisonnement est généralement une théorie de complot à son encontre.

Le délire de relation ou paranoïa sensitive apparaît généralement chez les sujets présentant une grande émotivité. Il peut se déclencher à la suite d’une situation d’échec ou d’une situation qui a été interprétée comme humiliante. Tout sera alors sujet à interprétation et accentuera les idées de préjudice et de persécution à son encontre. Contrairement aux autres délires, le malade ne s’extériorise pas, ne menace pas son entourage. Au contraire, il se replie sur lui-même, ce qui s’accompagne généralement des épisodes de dépression durant lesquels cette personne peut éventuellement attenter à sa propre vie.

Traitement

La difficulté principale réside dans le fait que le paranoïaque n’a pas conscience de son état. Pire, le fait même de vouloir le mettre en contact avec le monde médical alimente sa psychose et son délire de persécution.

La médicamentation aura donc pour objectif de stabiliser les troubles du comportement et de l’humeur ainsi que les troubles liés à l’anxiété.

Une hospitalisation est souvent nécessaire, voire un internement en établissement psychiatrique.

Il est peu fait usage de psychothérapie dans le traitement de la paranoïa car le patient ne reconnaît généralement pas le fait qu’il est malade et pire, y fait obstruction car il a le sentiment que c’est une persécution supplémentaire.

Même si à l’heure actuelle il n’existe pas de traitement pour éradiquer ce trouble, une personnalité paranoïaque peut vivre normalement sans que le délire ne s’installe et ne se change en psychose. Etant donné le sentiment de persécution, c’est à l’entourage d’alerter le corps médical, mais c’est une démarche déchirante.