Automutilation | Psychiatrique

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Automutilation

L’automutilation, également appelée blessures volontaires ou sévices auto-infligés, est encore mal connue du grand public et elle est même sujet à débat au sein du corps médical quant à la définition même de ce terme. En effet, on trouve deux définitions, celle qui considère l’automutilation à partir du moment où la blessure ou la marque perdure au moins 10 minutes, et la seconde si elle est irréversible.

Dans tous les cas, l’automutilation est un trouble de la personnalité limite ou TPL visant à infliger des blessures de gravité variables à son propre corps.

Qui est concerné?

Les personnes s’infligeant des blessures physiques déploient des efforts considérables pour ne pas que cela se remarque, ce qui explique que les chiffres sont très variables d’une étude à l’autre.

On estime cependant, selon les études, que 0,2 à 2,4% de la population serait concernée par ce TPL
Ce trouble survient essentiellement à la puberté avec une prédisposition toute particulière chez les filles qui sont plus largement concernées que les garçons.
On observe également ce phénomène de façon plus importante chez les homosexuels et les drogués.
Il a été prouvé que le nombre de personnes présentant un comportement d’automutilation sont de plus en plus nombreux depuis ces dernières décennies.

Pourquoi l’automutilation?

Les origines de ce comportement sont très variables d’un sujet à l’autre mais dans tous les cas, il s’agit de l’extériorisation d’une détresse émotionnelle et de l’expression de l’incapacité de gérer des sentiments trop intenses ou nouveaux, comme dans le cas de l’adolescence.
Ce geste, qui est une punition qui est auto-infligée, est à prendre très au sérieux car il est souvent associé à d’autres troubles du comportement ou à une dépression.
Les personnes qui s’automutilent en tirent une satisfaction de courte durée et le danger est que ce comportement devienne la réponse systématique à une situation psychologiquement difficile, ce qui lui vaut souvent d’être comparé à une drogue.

Les signes d’alarme

Ce comportement pouvant prendre une multitude de facettes, il est bien difficile de faire des généralités mais il existe tout de même quelques signes d’avertissement:
– présence de coupures, de blessures ou de brûlures de façon répétée
– problème de socialisation et de relation avec les autres
– faible estime de soi
– difficultés à trouver une réponse adaptée face à une situation émotionnellement forte.

Les formes d’automutilation
Les blessures volontaires peuvent prendre de multiples visages et sont d’autant plus difficiles à déceler qu’elles sont souvent situées sur des parties du corps camouflés par les vêtements tels que les bras, les cuisses et l’abdomen.

Bien que les sévices auto-infligés soient le plus couramment des coupures, on observe également des comportements tels que:
– brûlures
– insertions d’objets dans le corps
– empêcher des plaies de guérir
– ingestion d’objets inappropriés ou de comprimés
– usage d’ustensiles pour s’infliger des blessures.
La liste n’est pas exhaustive.

Comment faire face?

Etant donné que ce comportement est généralement l’expression d’autres problèmes sous-jacents d’ordre psychologique, il est vivement conseillé d’avoir recours à une thérapie comportementale auprès d’un spécialiste.
Un psychologue ou un psychiatre aidera à mettre fin à ce qui est bien souvent devenu une habitude comportementale en:
– cherchant les origines de ce problème.
– trouvant avec le patient une autre forme d’expression de son trop plein d’émotions qui soit moins préjudiciable pour lui.

Une aide médicamenteuse peut être apportée de façon passagère afin de soulager la sensation de mal être, pour une guérison complète, il faut généralement beaucoup de temps et de volonté de la part du patient, ce qui explique que les rechutes soient aussi fréquentes.

L’automutilation est la forme la plus impressionnante de l’expression d’un profond mal-être, mais un dépistage précoce de ce trouble de la personnalité donnera de meilleurs résultats.
Le problème est que bien souvent, les personnes s’infligeant ainsi ces formes de punition ne sont dépistées que trop tardivement, ce qui, pour certains, leur vaudra d’être marqués à vie.